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La culture Maohi dans la peau

Marque d'un renouveau de la culture et de la tradition polynésienne, le tatouage Maohi, véritable symbole d'une affirmation ethnique, remonte pourtant aux époques les plus lointaines de cette civilisation.

En 1769, le mot "Tatouage" (tatoo pour les anglophones) fit son entrée dans le langage courant. C'est dans le mot tahitien "tatou" (désignant une marque sur le corps) que l'on trouve son origine éthymologique. Il faut pourtant remonter bien au delà du 18ème siècle pour retrouver l'origine du tatouage.

La pratique du tatouage Maohi date d'avant l'arrivée des premiers polynésiens dans l'est du Pacifique. Selon les légendes tahitiennes, le tatouage aurait commencé chez les dieux dans le "po" (période sombre). Ces histoires anciennes mettent l'accent sur sa valeur esthétique ainsi que sur son importance en tant qu'attrait sexuel.

Au fil des siècles sa pratique s'est perpétuée avant de disparaitre car devenu "tabu" (tabou) avec l'arrivée des missionnaires. Ces derniers jugeant cet art traditionnel trop païen, il faudra attendre la renaissance des festivités culturelles polynésiennes, après la seconde guerre mondiale, pour voir timidement réaparaître le tatouage.

Un second souffle pour la culture polynésienne

Dans les années 80, avec des portes-flambeaux issus des milieux artristiques ou sportifs comme Teve, Bobby ou Angelo, les polynésiens, toujours en quête d'un retour aux valeurs culturelles et traditionnelles, prirent le tatouage comme marque d'une identité Maohi retrouvée. Véritable phénomène marquant le renouveau de la culture polynésienne, sa pratique reste discrète malgré l'accroissement du nombre de tatoueurs, légaux ou illégaux. Fini le temps où l'on associait le tatoué au mauvais garçon et place à l'expression artistique traditionnelle.

Le phénomène du tatouage n'a pas laissé indifférent les pouvoirs publics puisque le 22 octobre 1987, l'exercice de la profession de tatoueur est reconnue en Polynésie et régie par une délibération territoriale. Elle règlemente l'hygiène et la salubrité publique des salons de tatouages au même titre que les salons de coiffure, instituts de beauté, pédicures et manucures.

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